Sur la médiane d’un soleil entré par effraction, sur la lumière captive dans la vieille médina, on peut écrire de nouveau l’histoire de cette ville fondatrice d’une culture et d’une civilisation. On peut citer les origines des traditions, celles qui décident le rituel d’une célébration, d’un événement, une naissance ou une mort.
Fès a reçu et tant donné. Sa fortune est évidente, elle est dans sa fidélité au Temps, dans le perpétuel retour des choses et des hommes. Elle est dans le tumulte des couleurs et des épices, des musiques et des chants. La ville n’a pas admis la défaite. Elle est vive et vivante, digne et fière, même si ses enfants l’ont abandonnée, même si le temps des hommes est cruel, même si les murs suintent la fatigue et la lassitude.
Livre d’histoire, chaque matin Fès déploie ses ailes pour chanter et célébrer la vie, celle des puissants mais aussi celle des petits artisans, ceux qui travaillent avec patience et minutie.
Car Fès ne serait rien sans ses milliers d’artisans. Iles ne l’ont pas quittée. Ils ne meurent jamais. Ils seront toujours là, courbés sur leur métier.
Fès, doucement, lentement, soulève les pierres de la mémoire et nous incite à nous inscrire des le progrès, dans l’humanisme fondamental.
Elle est, de sa persistance, de par sa force, un espoir vif pour les générations futures, celles qu’elle charge de la faire entrer dans la modernité tout en restant authentique, sans fard, sans prétention.
Tahar Ben Jelloun
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